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Rayons

Mardi 9 janvier 2 09 /01 /Jan 12:27
Fin d'année, bilan, machin-chose, etc. Cette année j'ai vu des films qui m'ont touché, qui m'ont réjoui, qui m'ont ému et qui méritent de demeurer dans nos mémoires. Pour ne pas (trop) faire comme tout le monde, j'ai décidé de m'arrêter sur un top 11 de mes plus belles séances de l'an 2006. La hiérarchisation qualitative n'échappant jamais à un certain arbitraire, je les liste dans l'ordre de leur découverte :



 
1. Munich, Steven Spielberg
Un film âpre et douloureux, remarquablement écrit, qui parvient à aborder de front des questions délicates aux résonnances toutes contemporaines. Spielberg, dont la carrière ne cesse d'être passionnante, dirige l'ensemble avec une maestria qui laisse pantois.






2. Syriana, Stephen Gaghan
Entre un casting dense, un récit ambitieux et complexe et la maîtrise franchement virtuose des moyens dont dispose le réalisateur, voilà un film engagé tout simplement admirable d'intelligence. Une oeuvre précieuse et riche.






3. C.R.A.Z.Y., Jean-Marc Vallée
Avec cette magnifique chronique teintée d'autobiographie sur la famille et les relations père-fils dans le Quebec des 70's, Vallée poursuit dans la voie qu'il avait joliment entrouverte avec ses courts-métrages. Un film chaleureux et sincère, incroyablement bien joué, et mis en scène avec un sens du lyrisme souvent poignant.






4. United 93 (Vol 93), Paul Greengrass
Une véritable expérience de cinéma, tendue, très éprouvante et inoubliable. Un projet d'une cohérence jamais prise en défaut, qui échappe aux étiquettes (docu-fiction, cinéma-vérité, whatever). Un film important, essentiel même. Un memorial puissant, et digne.






5. Arrivederci amore, ciao, Michele Soavi
Un formidable polar, politique, excessif et noir, aux frontières du fantastique et parfaitement maîtrisé. Soavi déborde d'idées et préfère ne pas faire de tri pour la plus grande jubilation du spectateur. Alessio Boni interprète l'un des antihéros les plus surprenants jamais vus au cinéma. Un petit bijou.






6. Monster house, Gil Kenan
Le film d'animation de l'année, drôle, burlesque et plein d'esprit (dans tous les sens du terme). Une ode à l'imaginaire de l'enfance jamais mièvre, emballée par une mise en scène génialement inventive, entre morceaux de bravoure et moments de pure poésie.






7. Je vais bien ne t'en fais pas, Philippe Lioret
Vrai coup de coeur pour ce vrai beau film. Un propos d'une grande richesse, abordant autant de thèmes liés à la famille, aux amis, à l'amour, au travail, à l'envie de vivre et à celle de crever, à l'adolescence et au monde adulte, avec une justesse de tous les instants. Mélanie Laurent porte le film sur ses épaules et je suis tombé amoureux de son personnage, son sourire et ses larmes.






8. Children of men (Les Fils de l'homme), Alfonso Cuaròn
Scandaleusement mal distribué, un très grand film d'anticipation tout à fait actuel, d'une violence étonnante, plein de poésie et visuellement époustouflant. Dans sa mise en scène, Cuaròn retrouve la superbe fluidité de son Harry Potter et nous offre quelques plans séquences anthologiques.






9. El Laberinto del Fauno (Le Labyrinthe de Pan), Guillermo Del Toro
Une suite de visions obsédantes données à partager. Quand la pire horreur des contes de fée rejoint celle de l'Histoire des hommes, cela donne ce film désespéré, où la lumière peine à pointer, mais qui laisse à chacun la possibilité d'y échapper ou non en se réfugiant dans la fable.






10. Zwartboek (Black book), Paul Verhoeven
À la fois sublime portrait de femme et impitoyable portrait d'une époque, ce livre noir est une plongée courageuse et sans concession dans les bas-fonds de l'Histoire. Avec ce retour au pays natal, Verhoeven prend de vrais risques et livre en même temps une oeuvre-somme, complexe et bouleversante jusque dans ses dernières images. Et les acteurs sont tous excellents.






11. The Fountain, Darren Aronofsky
Une sublime et déchirante histoire d'amour fou, une oeuvre profondément singulière et poétique qui semble réinventer la notion de beauté au cinéma. Avec ce film, mes doutes sur le talent de Hugh Jackman s'envolent pour longtemps.







*  *  *

Parmi les autres titres qui m'ont également comblé sans parvenir à la transcendance de ceux qui précèdent, il y eut des films d'auteurs inspirés (Good night and good luck, Capote, The Prestige), des blockbusters décomplexés (Mission impossible III, X-men III, Casino royale), des toiles de maître achevées (Volver, Mémoires de nos pères, Les Infiltrés).

Dans la triste catégorie des déceptions, je me dois de citer Le Nouveau monde, Takeshi's, Miami vice, La Jeune fille de l'eau, Le Dahlia noir.

Et dans la famille vilaines purges, je voudrais Poseidon, Pirates des Caraïbes 2, World trade center, Je pense à vous.
Publié dans : Kino
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