Extrospection

Un titre générique pour caser et partager mes passions, mes créations. Cinéma, musica, dessin et bouquins sont de la partie. Bref, les bouts de cervelle qui animent le specimen ÉLias_

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Jeudi 14 décembre 2006
Dinosaur Jr, Sonic Youth, Zenith de Parisse, 13/12/2006
Une soirée un peu en forme de retrouvailles pour moi qui avait un peu perdu de vue Sonic Youth et encore plus Dinosaur Jr. Quand j'ai appris que ces derniers allaient assurer la première partie, avec le line up d'origine en plus, j'étais pas loin de pleurer. Merde, quoi. Dinosaur Jr, J Mascis, mon dieu de la lo-fi ! Sans chichis, Jay entre en scène — cheveux longs et fins dont les spots colorés dissimulent mal la blancheur — et fait cracher sa guitare tandis que Lou Barlow, éternel look d'étudiant cool, retrouve sa basse. Les deux ex-anciens compères alterneront au chant, en précisant bien que c'est la première fois qu'ils jouent en public avec cette reformation. On est bien content d'être aux premières loges. Son brouillon, mais qui charrie avec lui pas mal de souvenirs personnels. Morceaux qui foncent, régulièrement ponctués de solos héroïques. Et puis toujours ce talent pour faire émerger des mélodies d'un lyrisme grisant au milieu d'un rock toujours pas assagi. Sur un titre, joie de voir débarquer l'immense Lee Ranaldo, pépère les mains dans les poches, faire un petit big up complice au public et participer aux choeurs. Par pur caprice, parce que j'adore son jeu, j'ai un peu regretté que Mascis n'aille pas taquiner un peu les fûts à la place de Murph mais on ne peut pas tout avoir. Sa voix fragile et émouvante m'a bien réchauffé le coeur. Bonheur simple, même si je n'entendrai pas mes morceaux préférés. D'ailleurs j'ignore si cette reformation ne durera que le temps de cette tournée ou bien si elle annonce un album.


Place aux jeunes vieux soniques new yorkais. Jim O'Rourke a quitté la troupe mais la scène voit quand même débarquer un cinquième larron dont je n'ai pas retenu le nom, venu doubler les parties de basse de Kim Gordon, voire les assurer tout seul lorsque la madame décidera de chanter sans jouer. Libérée de son instrument, elle en profitera pour gigoter comme une furieuse dans sa robe argentée, et ce n'était point déplaisant. Si le set a été majoritairement constitué des titres de leur dernier LP, le très efficace "Rather Ripped", on a quand même goûté quelques classiques et autres vieilleries : démarrage sur un Candle inespéré, magnifique interprétation de Skip tracer (j'ai toujours eu un faible pour les compos de Ranaldo), irresistible 100 %, mais surtout un fabuleux Teen age riot à la fin du premier rappel, puis un gros retour aux sources avec le bandant Shaking hell (« Take off your dress !... shake off your flesh !... »). Le génial Steve Shelley m'a encore régalé de la subtilité de ses rythmiques, alors qu'il serait tellement tentant de bourriner sur pareille musique. Les harmonies entre Thurston "one song / one guitar" Moore et Ranaldo sont d'une maîtrise effarante, et même les parties vocales m'ont parues plus assurées que jamais (ça faisait bien 10 ans que je les avais pas vus sur scène). Les débordements bruitistes étaient assez réduits néanmoins, sauf sur la fin où les amplis ont été soumis à divers sévices. Comment ai-je pu me passer de ce groupe si longtemps, peut-être le dernier pour lequel j'employais encore l'expression "groupe préféré" ?

par ÉLias_ publié dans : Musica
 
 
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