


Antropophagus (Anthropophagous), Joe D'Amato, 1980
Titre mythique du cinéma d'exploitation italien. Je m'attendais à un de ces films putassiers avec une tribu de cannibales dépeçant à la chaîne de naïfs explorateurs blancs, prétexte aux débordements gores les plus complaisants. Que nenni ! J'ai en fait eu droit à un vrai slasher plutôt très efficace malgré un scénario pataud, avec sa bande de jeunes vacanciers qui débarquent sur une île grecque où la population a mystérieusement disparu. D'Amato ménage son suspense, révélant progressivement le responsable, son apparence et ses origines : un insulaire (George Eastman) qui, après avoir fait naufrage avec femme et gamin, est devenu fou et s'est converti au cannibalisme sauvage.

Le réalisateur prend ainsi le temps qu'il faut pour bien nous mettre les chocottes, surtout lorsque ses personnages se balladent dans les couloirs d'une vieille maison plongée dans la nuit, où leur propre ombre portée devient menaçante, générant alors une tension franchement insupportable. De ce côté là, le contrat est vraiment bien rempli. Le gore "salement" dit n'intervient que par brefs éclairs, parfois comiques (une nana qui se fait un bain de pied dans un seau où flotte une tête), parfois sacrément audacieux. Je ne peux résister à l'envie de citer les deux clous du film qui ont fait sa célébrité : George Eastman dévorant un foetus arraché au ventre de sa mère, et, à la fin, ce même triste sire se mettant à bouffer ses propres entrailles répandues au sol par un coup de pioche ! Le genre d'idée pleine de poésie qui fait encore aujourd'hui son petit effet. J'aime bien, à ce sujet, ce qu'en disait Jean-Pierre Putters dans Ze Craignos monsters, t. 2 : « On ne pourrait plus tourner une telle scène de nos jours, sous peine de se retrouver illico sur le plateau de Jean-Luc Delarue (et c'est vrai que la punition serait cruelle). » Titre mythique du cinéma d'exploitation italien. Je m'attendais à un de ces films putassiers avec une tribu de cannibales dépeçant à la chaîne de naïfs explorateurs blancs, prétexte aux débordements gores les plus complaisants. Que nenni ! J'ai en fait eu droit à un vrai slasher plutôt très efficace malgré un scénario pataud, avec sa bande de jeunes vacanciers qui débarquent sur une île grecque où la population a mystérieusement disparu. D'Amato ménage son suspense, révélant progressivement le responsable, son apparence et ses origines : un insulaire (George Eastman) qui, après avoir fait naufrage avec femme et gamin, est devenu fou et s'est converti au cannibalisme sauvage.

Sesso nero (Le Sexe noir), Joe D'Amato, 1979
Nouvelle attente déjouée. Je pensais que le titre était métaphorique mais en fait pas du tout. Il s'agit en effet d'un bon vieux boulard des familles, tourné à St-Domingue avec quelques "acteurs" locaux qui n'ont pas du être payés bien cher, ou en tout cas pas en fonction de leurs talents de comédiens. Bien que D'Amato se soit à cette époque déjà spécialisé dans le cinéma exotico-érotique, historiquement ce film est considéré comme le premier porno hardcore italien, avec représentation explicite de relations sexuelles non simulées.

L'histoire est plutôt intéressante mais finalement mal troussée. Un soi-disant New-yorkais moustachu (Mark Shanon, de son vrai nom Manlio Cercosimo) débarque sur l'île pour faire revivre le souvenir d'un amour perdu. Il sait qu'il ne lui reste que quinze jours avant qu'une opération chirurgicale ne le condamne à l'impuissance. Sur fond de malédiction vaudoue, entre deux hallucinations provoquées par ses douleurs ou par des drogues locales, l'homme va bien sûr tringler un peu tout ce qui passe (la femme de chambre, la femme de son pote, sa propre femme venue le rejoindre). On se ballade ainsi entre désir sexuel, fantasme, culpabilité et angoisse de la mort. Vers la fin, un personnage vient lourdement tenter de rationnaliser tout ça, avec une explication à la mord-moi-le-noeud (c'est le cas de le dire) à base de machination, de soeur jumelle cachée et de vengeance longuement préméditée. D'Amato en profite pour nous offrir quelques vues touristiques du coin mais filme quand même platement les scènes de uq, se contentant trop souvent d'un plan séquence type zoom avant/zoom arrière. Mention spéciale à la musique cependant, qui dans un genre italo-pop typique de l'époque se révèle étonnamment riche dans ses arrangements, et agréablement variée dans ses rythmes.
Le dénouement, dans son implacable logique, est quant à lui relativement puissant. Je le dévoile sans remord vu le peu de chance que quelqu'un ici ait l'occasion de voir ce film : l'homme, parvenu au bout de son chemin, possède enfin la femme de ses rêves sur la plage, puis se sectionne le sexe face à la mer. Son sang et sa chair se mêlent au sable et à l'eau, tandis qu'à l'horizon le soleil jette ses derniers feux.
par ÉLias_
publié dans :
Kino





