Extrospection

Un titre générique pour caser et partager mes passions, mes créations. Cinéma, musica, dessin et bouquins sont de la partie. Bref, les bouts de cervelle qui animent le specimen ÉLias_

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Mardi 15 avril 2008

K

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2008

par ÉLias_ publié dans : Manuel K
Vendredi 11 avril 2008
« Toute l’oeuvre de Chirico n’est en réalité qu’une longue autobiographie, transposée, comme sur une scène de théâtre, en figures changeantes et insaisissables en tant que réalité — parce que la réalité n’existe pas —, mais plus vraies et durables que la réalité elle-même, par la force symbolique que leur art leur confère. »
Paolo Baldacci, Giorgio De Chirico 1888-1919, la métaphysique



Automne 1906, le jeune peintre Giorgio de Chirico s’inscrit à l’Académie des Beaux-arts de Munich. Souffrant régulièrement d’une affection intestinale, alité, il lit beaucoup et se passionne en particulier pour la philosophie de Nietzsche, Schopenhauer et Héraclite. C’est sa lecture de Des fins ultimes du Viennois Otto Weininger, où apparaît la notion de métaphysique géométrique, qui lui inspirera la formule “pittura metafisica”. Par la suite, les villes italiennes (Florence, Turin) vont nourrir son imaginaire et lui révéler pleinement cette perception métaphysique de l’espace et des objets. De Chirico abandonne progressivement ses premières influences (Böcklin) et élabore dans ses nouveaux tableaux — Les Énigmes — des atmosphères fortement marquées par la mélancolie nietzschéenne. En 1911, il adopte la pose du philosophe pour son premier autoportrait métaphysique. L'artiste conçoit les incursions de phrases latines dans cet autoportrait et ceux qui vont suivre sous l’influence directe de Dürer et des peintres de la Première Renaissance italienne (Masaccio, Botticelli). La phrase « Et quid amabo nisi quod aenigma est ? » (qu’aimerais-je, hors l’énigme ?) annonce l’autoportrait de 1920 où De Chirico porte une pancarte avec l'inscription « Et quid amabo nisi quod rerum metaphysica est ? » (qu’aimerais-je, hors la métaphysique des choses ?).


De Chirico s’est beaucoup exprimé sur sa technique et ses inspirations mais peu sur le sens de sa peinture, laissant le champ libre aux extrapolations de toutes sortes. Dans leurs textes, Breton, Apollinaire ou Calvino s’imaginent en balade dans les cités vides du peintre, terra incognita où chacun peut projetter sa psyché. Dans Composition métaphysique, autoportrait (1913), De Chirico est à l’état de fragments, soit autant d’éléments métaphoriques/métaphysiques qu’on retrouve dans d’autres toiles qui alors pourraient prétendre elles-aussi au statut d’autoportraits métaphysiques. Ainsi les mannequins et statues, figures emblématiques d’une mythologie toute personnelle. « À son image Dieu a fait l’homme, l’homme a fait la statue et le mannequin », écrivait Breton dans Les Pas perdus.

La ressemblance entre le peintre et son portrait n’est jamais mise en cause. Pas de déformation, pas d’altération. La stylisation est dans la pose, dans l’environnement. À ce titre, les autoportraits costumés des années 1940 cessent-ils vraiment de révéler l’essence de son être, sa métaphysique ? Les yeux du peintre restent tournés vers l’extérieur, vers le spectateur, renvoyant celui-ci en un double jeu de miroir au propre regard du peintre s’observant lors de l’exécution de l’autoportrait. Soi-même et l’œuvre ne font qu’un.


Ces autoportraits métaphysiques, peints de façon presque obsessionnelle, sont à l’image d'une œuvre, d'une vie, tendues vers un idéal de vérité, à la limite de l’invention. De Chirico s’ingéniait ainsi à brouiller les pistes, changeant les dates ou les titres de ses toiles, prétendant tantôt être Grec, tantôt être né en Italie. Bien qu’il s’en défende dans ses mémoires, on le soupçonne même d’avoir peint d’authentiques faux. Il meurt en 1978. Selon son souhait, sa pierre tombale est demeurée anonyme.


« La question de l’identité est une question métaphysique. »
Pascal Bonafoux, L'Autoportrait (qui ? par soi-même !)




Vendredi 4 avril 2008
par ÉLias_ publié dans : Musica
Lundi 31 mars 2008


C'était ce vendredi 28 mars au Glaz'art, Paris.

Magyar Posse
C'est par hasard que j'avais fait la connaissance de ces Finlandais il y a quelques années, grâce à un intriguant sticker collé sur leur premier album par un disquaire de chez Gibert, qui qualifiait leur musique de post-rock sous influence Morricone. Alors j'ai dit miam et j'ai pris. Trois disques plus tard — témoignant chacun d'une passionnante évolution — Magyar Posse est devenu l'un de mes groupes préférés. J'étais donc particulièrement impatient d'assister enfin à une prestation live. Le résultat était tout simplement merveilleux, loin d'une froide démonstrativité technique. Nous avons eu droit à une performance pleine de sève et de fièvre, où leurs morceaux déroulaient leurs fascinantes et virtuoses circonvolutions avec une grâce constante. Je me sentais littéralement décoller du sol tellement j'étais en phase. Sur le devant de la scène, une violoniste flamboyante porte les compositions aux sommets du lyrisme, yeux fermés, sourire radieux, conscience du bonheur partagé. Dans ces paysages sonores parfaitement cinématographiques, la mélodie et le rythme sont rois, les quelques éclats de voix parachevant l'oeuvre de quelques frissons supplémentaires. Fabuleux.

Acetate Zero assurait la première partie. Jolie découverte que cette formation parisienne en perpétuelle mouvance. D'un titre à l'autre, les cinq musiciens ne cessent en effet de se refourguer leurs instruments et d'alterner au chant. On est dans du post-rock à guitare, tantôt cristallin tantôt gras, assez proche d'Explosions in the sky (pour aller vite). Les premiers morceaux me faisaient un peu craindre le manque d'idée et une relative tiédeur, les boucles répétées échouant un peu à déboucher vraiment sur quelque chose. Mais lorsque l'électricité et la batterie se sont invitées, le groupe est parvenu à créer de très prenants moments de transe. Tout juste regrettai-je alors une magie un peu trop fréquemment interrompue avant l'heure.

par ÉLias_ publié dans : Musica
Vendredi 28 mars 2008
Mercredi 26 mars 2008


Jusqu'au 31 mai 2008, la toute jeune bibliothèque municipale Marguerite Audoux accueille les travaux d'une dizaine d'auteurs du fanzine Bahniwé, édité par l'association Terre BD. J'y ai quelques planches accrochées.
Mardi 18 mars 2008
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Mon dossier pour Cinétudes consacré à la saga de La Planète des singes s'enrichit d'un troisième volet. J'y aborde cette fois le prolongement de la franchise sur le petit écran au milieu dès années 70. Deux séries télévisées virent alors le jour, de qualité variable : Planet of the apes, réalisée en prises de vue réelles, et Return to the planet of the apes, série animée assez médiocre mais pas inintéressante. Pour lire l'article, clique ici.

Au programme de la mise à jour mensuelle de Cinétudes, Dario Argento, Tim Burton et Tetsuya Nakashima sont également à l'honneur. Et j'en profite pour te rappeller que toutes mes chroniques cinéma pour des sites externes sont accessibles depuis la colonne de gauche ("Chroniques kino"), tandis que le rayon "Kino" de ce blog rassemble les dérives cinéphiliques régulièrement publiées ici-même.


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par ÉLias_ publié dans : Kino
 
 
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