C'est le grand départ. Rencard super tôt demain matin, et hop direction le jesaispluscombientième festival d'Angoulême, jusqu'à dimanche. Cette année s'annonce particulièrement imprévisible étant donné que divers chantiers en ville ont fait en sorte de délocaliser les espaces d'exposition et en particulier notre bulle fanzine. On craint un peu que le stand de l'Assoz soit paumé en rase campagne. En tous cas, on aura de belles nouveautés, entre la réédition du Oz #12 spécial femmes et le dernier Motosex n°666 spécial Satan.
Je compte m'activer sur les croquis et faire de productives rencontres. On verra bien ce que j'en ramènerai...

Je compte m'activer sur les croquis et faire de productives rencontres. On verra bien ce que j'en ramènerai...

par ÉLias_
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Cartes postales
Nouvel exercice de mise en couleurs, encore une fois dans un effort de sobriété (que je pourrais sans doute pousser plus loin). Le dessin illustre la fin d'un déménagement et le repos bien mérité dans les nouveaux murs.
par ÉLias_
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Gribouille
Petit à petit je me suis fait la saga mythique de Sylvester dans l'ordre. Je n'en avais vu que les 3e et 4e volets (ce dernier en salle, à sa sortie). Vous imaginez le choc qu'a pu alors être la découverte du premier, bien loin de tout ce que j'avais imaginé.
Rocky, John G. Avildsen, 1976
Loin de l'image de vainqueur qui s'est superficiellement imposée dans les esprits, Rocky Balboa est en fait un anti-héros magnifique, absolument typique du ciné ricain des 70's, avec ces personnages sans gloire qui s'en prennent plein le lard. On suit ici les errances d'une racaille des faubourgs au sens de l'humour vaseux, figure pathétique mais dotée d'une lucidité qui la rend digne. Oscillant entre l'espoir et le doute, il a tout à fait conscience de la mascarade que représente son affrontement programmé avec Apollo Creed.
On n'a pas du tout affaire à un film sur la boxe mais bien à une belle étude de caractère, et au portrait d'une Amérique désenchantée mais profondément humaine. Le scénariste Stallone nous offre des individualités complexes que l'on a envie d'aimer, malgré des comportements parfois inexcusables (Paulie et l'extraordinaire interprétation de Burt Young). Nous ne sommes jamais encouragés à les juger. Et lorsqu'ils se laissent aller à la tendresse, leur sincérité est touchante, voire bouleversante. Le film est riche en scènes d'anthologie, témoignant d'une observation juste et profonde de l'âme humaine : le premier baiser entre Rocky et Adrian, la dispute entre Mickey et Rocky dans l'appartement sont de purs bijoux de cinéma. La vérité du jeu des acteurs est aussi subtile qu'époustouflante. La mise en scène est à l'avenant, réellement magistrale, sachant parfaitement inscrire le parcours de ses personnages dans la ville. Le film est d'une constante sobriété, à l'image de son générique. J'ai été très étonné de l'utilisation de la musique de Bill Conti. Les premières mesures interviennent tardivement sous forme de douces nappes de cordes, puis le rythme va s'amplifier au fur et à mesure de la motivation retrouvée lors des différents entraînements (superbe lumière du matin), jusqu'à l'apothéose lors du match final, tous cuivres et cordes dehors. Ce film est un authentique miracle sur pellicule.
Rocky II, Sylvester Stallone, 1979
Cette suite m'a semblée avant tout pensée pour les fans du premier volet. On démarre en effet sur ses 5 dernières minutes (amorce qu'on retrouvera systématiquement dans les films suivants) avant de suivre tout naturellement les conséquences de ce match de folie. Rocky emmène Adrian au zoo, comme le lui avait méchamment suggéré un mafieux dans le premier film. Le couple se marie, et la question va être de savoir si Rocky va oui ou non décrocher du ring (interrogation qui sera désormais le moteur-même de la franchise). Le prolongement n'est pas particulièrement imaginatif, mais si on a aimé comme moi les personnages, on apprécie de pouvoir les suivre encore, d'autant plus que les lendemains ne sont pas roses. Rocky se retrouve encore à galérer et le film nous offre des scènes assez tristes.
La revanche d'Apollo Creed est un bon prétexte pour nous livrer une relecture parfois ironique du premier film. Ainsi la séance d'entraînement dans les rues de Philadelphie est reprise quasiment plan par plan, sauf que cette fois Rocky est soutenu et suivi par la foule (scène particulièrement euphorisante). Bref, encore de beaux moments, avec un combat final bien prenant. C'est quand même moins fort que le premier film qui semblait avoir déjà tout dit, mais la modestie de l'entreprise, son absence de prétentions, reste touchante.
Rocky III, Stallone, 1982
Le dispositif narratif est désormais établi. Après avoir fait défiler le titre du film le long de l'écran et repris la fin du précédent, Stallone insère un montage extrêmement malin pour nous montrer l'évolution de son protagoniste, désormais champion du monde, richissime et icône nationale. Le réalisateur s'autorise des placements de produits éhontés (c'est tout le merchandising officiel qui défile) tout en faisant la critique de cette réussite qui est aussi la sienne. Rocky est maintenant bien loin des faubourgs de Philly, et m'est apparu moins attachant. Le personnage a perdu son accent populo, s'est civilisé. De fait, il s'est lui-même perdu de vue. Le nouveau défi lancé par un Mr T ahurissant de colère sera pour lui l'occasion de retrouver la rage qui l'avait autrefois fait vaincre et qui se voyait dans son regard.
Cette fois pur film de boxe, ce troisième volet est quand même un bon film, porté par de belles images (la course sur la plage), et aux affrontements spectaculaires (le match contre Hulk Hogan est génial et fait vraiment peur). Et l'émotion est loin d'être en reste grâce à la présence toujours incroyablement talentueuse de Burt Young, Talia Shire et Burgess Meredith.
Rocky IV, Stallone, 1985
Le scénario se dégraisse méchamment. Le choc Est/Ouest est assez savoureux, tandis que le costume d'Uncle Sam d'Apollo Creed trouve enfin sa pleine dimension. Cependant, alors que je m'attendais à une véritable apologie du modèle reaganien, j'ai constaté avec étonnement que la réalité était plus nuancée, ce qui ne veut pas forcément dire plus subtile. Plus qu'un film de propagande, ce 4e volet m'est en effet apparu comme un véritable message de paix et de fraternité que vient apporter Rocky à la planète entière. Il semble en effet renvoyer dos à dos Américains et Soviétiques dans leur obstination à se faire face. Les deux ont leurs travers, et le film m'a semblé bien plus ambivalent que ce que je pensais.
Le méga-show style Las Vegas du début se solde en effet par la chute d'Apollo, refroidissant avec violence cette arrogance typiquement américaine. Le public sera aussi haineux face à Drago que les Soviétiques face à Rocky. On n'est pas du tout dans la préférence d'un modèle sur un autre mais dans l'encouragement à dégeler les relations entre les peuples. Okay c'est super naïf mais du coup, ça n'a rien d'idéologiquement puant puisque la critique est partagée. L'imagerie utilisée et les situations sont assez marrantes. Au rayon musique, Bill Conti est remplacé par Vince DiCola (magnifique Training montage), il y a du hard rock FM et des séquences d'entraînement plus irréalistes que jamais, où les escaliers du Museum of Art de Philadelphie sont remplacés par les montagnes. Moins flamboyant que dans mon souvenir mais un spectacle au final bien agréable.
Rocky V, Avildsen, 1990
Toujours au scénario, Stallone choisit plus ou moins logiquement de boucler la boucle avec ce film en forme de retour aux sources. Par une suite d'événements plus ou moins convaincants (un comptable escroc), la famille Balboa se retrouve ruinée et contrainte de réduire son train de vie. Ils s'installent dans leur vieux quartier de Philly, qui a eu le temps de bien se dégrader depuis la dernière fois. Rocky retrouve ses habits du premier film et son accent des faubourgs, et ça fait plaisir. Ces retrouvailles sont plutôt touchantes pour le spectateur, toujours dans cette idée de prolonger l'aventure avec ces personnages qu'on connaît désormais bien, et de revisiter un univers familier, d'autant plus qu'on sait ici que Rocky, définitivement trop abîmé, ne retournera plus sur le ring, ce qui renouvelle bien les attentes. Cela donne lieu à quelques scènes toujours très réussies.
Adrian, fidèle au poste pour redonner le sens des réalités à son chéri, est la garante du capital émotion du film. Les péripéties mettant en scène leur gosse ou le jeune boxeur sur la pente glissante du succès manquent certes de force et sont assez archétypales. Le climax quant à lui, totalement inattendu, détourne plutôt intelligemment l'étape obligée du match final.
John G. Avildsen récupère son poste de réalisateur et reprend ses plans à la steadycam là où ils les avait laissés, mais il faut bien convenir que sa mise en scène échoue souvent à trouver un peu de personnalité, ne fait pas trop d'étincelles. Bill Conti est là aussi, donnant à ses thèmes une couleur hip hop bien dans la tendance du jour mais pas forcément de très bon goût.
En conclusion, je dirais que même si ça n'a pas été prévu comme ça et que seule la vidéo le permet aujourd'hui, ça a vraiment du sens de s'enchaîner les films dans un court laps de temps, un peu comme les épisodes d'une série télé. Pris isolément, je ne suis pas sûr que j'aurais éprouvé les mêmes impressions, sauf pour le premier film.
Gonna fly now.
Rocky, John G. Avildsen, 1976 Loin de l'image de vainqueur qui s'est superficiellement imposée dans les esprits, Rocky Balboa est en fait un anti-héros magnifique, absolument typique du ciné ricain des 70's, avec ces personnages sans gloire qui s'en prennent plein le lard. On suit ici les errances d'une racaille des faubourgs au sens de l'humour vaseux, figure pathétique mais dotée d'une lucidité qui la rend digne. Oscillant entre l'espoir et le doute, il a tout à fait conscience de la mascarade que représente son affrontement programmé avec Apollo Creed.
On n'a pas du tout affaire à un film sur la boxe mais bien à une belle étude de caractère, et au portrait d'une Amérique désenchantée mais profondément humaine. Le scénariste Stallone nous offre des individualités complexes que l'on a envie d'aimer, malgré des comportements parfois inexcusables (Paulie et l'extraordinaire interprétation de Burt Young). Nous ne sommes jamais encouragés à les juger. Et lorsqu'ils se laissent aller à la tendresse, leur sincérité est touchante, voire bouleversante. Le film est riche en scènes d'anthologie, témoignant d'une observation juste et profonde de l'âme humaine : le premier baiser entre Rocky et Adrian, la dispute entre Mickey et Rocky dans l'appartement sont de purs bijoux de cinéma. La vérité du jeu des acteurs est aussi subtile qu'époustouflante. La mise en scène est à l'avenant, réellement magistrale, sachant parfaitement inscrire le parcours de ses personnages dans la ville. Le film est d'une constante sobriété, à l'image de son générique. J'ai été très étonné de l'utilisation de la musique de Bill Conti. Les premières mesures interviennent tardivement sous forme de douces nappes de cordes, puis le rythme va s'amplifier au fur et à mesure de la motivation retrouvée lors des différents entraînements (superbe lumière du matin), jusqu'à l'apothéose lors du match final, tous cuivres et cordes dehors. Ce film est un authentique miracle sur pellicule.
Rocky II, Sylvester Stallone, 1979 Cette suite m'a semblée avant tout pensée pour les fans du premier volet. On démarre en effet sur ses 5 dernières minutes (amorce qu'on retrouvera systématiquement dans les films suivants) avant de suivre tout naturellement les conséquences de ce match de folie. Rocky emmène Adrian au zoo, comme le lui avait méchamment suggéré un mafieux dans le premier film. Le couple se marie, et la question va être de savoir si Rocky va oui ou non décrocher du ring (interrogation qui sera désormais le moteur-même de la franchise). Le prolongement n'est pas particulièrement imaginatif, mais si on a aimé comme moi les personnages, on apprécie de pouvoir les suivre encore, d'autant plus que les lendemains ne sont pas roses. Rocky se retrouve encore à galérer et le film nous offre des scènes assez tristes.
La revanche d'Apollo Creed est un bon prétexte pour nous livrer une relecture parfois ironique du premier film. Ainsi la séance d'entraînement dans les rues de Philadelphie est reprise quasiment plan par plan, sauf que cette fois Rocky est soutenu et suivi par la foule (scène particulièrement euphorisante). Bref, encore de beaux moments, avec un combat final bien prenant. C'est quand même moins fort que le premier film qui semblait avoir déjà tout dit, mais la modestie de l'entreprise, son absence de prétentions, reste touchante.
Rocky III, Stallone, 1982 Le dispositif narratif est désormais établi. Après avoir fait défiler le titre du film le long de l'écran et repris la fin du précédent, Stallone insère un montage extrêmement malin pour nous montrer l'évolution de son protagoniste, désormais champion du monde, richissime et icône nationale. Le réalisateur s'autorise des placements de produits éhontés (c'est tout le merchandising officiel qui défile) tout en faisant la critique de cette réussite qui est aussi la sienne. Rocky est maintenant bien loin des faubourgs de Philly, et m'est apparu moins attachant. Le personnage a perdu son accent populo, s'est civilisé. De fait, il s'est lui-même perdu de vue. Le nouveau défi lancé par un Mr T ahurissant de colère sera pour lui l'occasion de retrouver la rage qui l'avait autrefois fait vaincre et qui se voyait dans son regard.
Cette fois pur film de boxe, ce troisième volet est quand même un bon film, porté par de belles images (la course sur la plage), et aux affrontements spectaculaires (le match contre Hulk Hogan est génial et fait vraiment peur). Et l'émotion est loin d'être en reste grâce à la présence toujours incroyablement talentueuse de Burt Young, Talia Shire et Burgess Meredith.
Rocky IV, Stallone, 1985 Le scénario se dégraisse méchamment. Le choc Est/Ouest est assez savoureux, tandis que le costume d'Uncle Sam d'Apollo Creed trouve enfin sa pleine dimension. Cependant, alors que je m'attendais à une véritable apologie du modèle reaganien, j'ai constaté avec étonnement que la réalité était plus nuancée, ce qui ne veut pas forcément dire plus subtile. Plus qu'un film de propagande, ce 4e volet m'est en effet apparu comme un véritable message de paix et de fraternité que vient apporter Rocky à la planète entière. Il semble en effet renvoyer dos à dos Américains et Soviétiques dans leur obstination à se faire face. Les deux ont leurs travers, et le film m'a semblé bien plus ambivalent que ce que je pensais.
Le méga-show style Las Vegas du début se solde en effet par la chute d'Apollo, refroidissant avec violence cette arrogance typiquement américaine. Le public sera aussi haineux face à Drago que les Soviétiques face à Rocky. On n'est pas du tout dans la préférence d'un modèle sur un autre mais dans l'encouragement à dégeler les relations entre les peuples. Okay c'est super naïf mais du coup, ça n'a rien d'idéologiquement puant puisque la critique est partagée. L'imagerie utilisée et les situations sont assez marrantes. Au rayon musique, Bill Conti est remplacé par Vince DiCola (magnifique Training montage), il y a du hard rock FM et des séquences d'entraînement plus irréalistes que jamais, où les escaliers du Museum of Art de Philadelphie sont remplacés par les montagnes. Moins flamboyant que dans mon souvenir mais un spectacle au final bien agréable.
Rocky V, Avildsen, 1990 Toujours au scénario, Stallone choisit plus ou moins logiquement de boucler la boucle avec ce film en forme de retour aux sources. Par une suite d'événements plus ou moins convaincants (un comptable escroc), la famille Balboa se retrouve ruinée et contrainte de réduire son train de vie. Ils s'installent dans leur vieux quartier de Philly, qui a eu le temps de bien se dégrader depuis la dernière fois. Rocky retrouve ses habits du premier film et son accent des faubourgs, et ça fait plaisir. Ces retrouvailles sont plutôt touchantes pour le spectateur, toujours dans cette idée de prolonger l'aventure avec ces personnages qu'on connaît désormais bien, et de revisiter un univers familier, d'autant plus qu'on sait ici que Rocky, définitivement trop abîmé, ne retournera plus sur le ring, ce qui renouvelle bien les attentes. Cela donne lieu à quelques scènes toujours très réussies.
Adrian, fidèle au poste pour redonner le sens des réalités à son chéri, est la garante du capital émotion du film. Les péripéties mettant en scène leur gosse ou le jeune boxeur sur la pente glissante du succès manquent certes de force et sont assez archétypales. Le climax quant à lui, totalement inattendu, détourne plutôt intelligemment l'étape obligée du match final.
John G. Avildsen récupère son poste de réalisateur et reprend ses plans à la steadycam là où ils les avait laissés, mais il faut bien convenir que sa mise en scène échoue souvent à trouver un peu de personnalité, ne fait pas trop d'étincelles. Bill Conti est là aussi, donnant à ses thèmes une couleur hip hop bien dans la tendance du jour mais pas forcément de très bon goût.
En conclusion, je dirais que même si ça n'a pas été prévu comme ça et que seule la vidéo le permet aujourd'hui, ça a vraiment du sens de s'enchaîner les films dans un court laps de temps, un peu comme les épisodes d'une série télé. Pris isolément, je ne suis pas sûr que j'aurais éprouvé les mêmes impressions, sauf pour le premier film.
Gonna fly now.
par ÉLias_
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Kino
Une nouvelle sélection de mes derniers croquis de nus. J'ai laissé de côté les trucs qui ne ressemblaient à rien.




par ÉLias_
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Gribouille
Cinq illustrations, dont une couverture, pour accompagner le conte écrit par Nathalie, intitulé L'Appel de Zébra III. Le héros s'appelle Jimmy. Passionné par le bricolage et les technologies, il va entrer en communication avec une voix venue du passé. J'avais fini la mise en couleur un peu avant Noël, mais comme personne n'a eu l'occasion de voir le résultat pour l'instant, je me suis dit que ça pourrait trouver sa place ici.









par ÉLias_
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Gribouille
Pour diverses raisons tout à fait dépendantes de ma volonté, j'avais laissé passer le Oz #12 sans rien publier, phénomène sans précédent pour moi depuis les débuts de l'Assoz. À la suite de divers événements plus ou moins rocambolesques, ce numéro va bénéficier d'une réédition augmentée d'une dizaine de pages. C'est pour moi l'occasion de rattraper le coup.
Voici donc mes deux planches, inscrites dans la thématique de ce spécial femmes, où Manuel K apparaît volontairement en retrait. Manque seulement ici le texte. Ça s'appelle J'aurais voulu, et il s'agit d'une adaptation de la très belle chanson éponyme de Françoise Hardy.
Parution prévue pour Angoulême, la semaine prochaine (j'en reparlerai).
Voici donc mes deux planches, inscrites dans la thématique de ce spécial femmes, où Manuel K apparaît volontairement en retrait. Manque seulement ici le texte. Ça s'appelle J'aurais voulu, et il s'agit d'une adaptation de la très belle chanson éponyme de Françoise Hardy.
Parution prévue pour Angoulême, la semaine prochaine (j'en reparlerai).

par ÉLias_
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Gribouille
Tard dans la nuit, tremblant et excité, j'ai à nouveau plongé dans ce film-monde. J'ai encore une fois marché dans les pas du jeune Hutter, quittant Wisborg, ses ruelles de lumière et sa femme amoureuse, pour rejoindre les Carpates et leurs forêts peuplées de bêtes sauvages invisibles. J'ai cru avoir passé comme lui une nuit de cauchemar, en compagnie d'un Comte au comportement plus qu'étrange. Sa posture et ses gestes, faisant comme corps avec les ténèbres, avaient curieusement quelque chose de naturel, imposant une logique autre, certes, mais néanmoins authentique. Ses yeux vides, sa figure livide et dénuée d'expressivité, ses deux fines canines resserrées composaient un être hideux, fascinant mais nullement repoussant.
Mon sang s'est glacé la nuit suivante, lorsque l'horrible silhouette, pâle comme la lune, s'est découpée dans l'encadrement de la porte de ma chambre. J'étais prêt à hurler. Mes cris se coinçaient dans ma gorge. J'aurais pu m'étouffer dans le vomi de mon angoisse. Ce qui a suivi m'est apparu comme autant d'images délirantes, portées par un rythme impossible, issues d'un cerveau fiévreux, d'un ailleurs depuis lequel j'avais perdu la conscience de moi-même. Rien de tout cela n'a pu exister, et pourtant... Terreur, terreur. Cinéma, cinéma. Nosferatu, eine Symphonie des Grauens.
Mon sang s'est glacé la nuit suivante, lorsque l'horrible silhouette, pâle comme la lune, s'est découpée dans l'encadrement de la porte de ma chambre. J'étais prêt à hurler. Mes cris se coinçaient dans ma gorge. J'aurais pu m'étouffer dans le vomi de mon angoisse. Ce qui a suivi m'est apparu comme autant d'images délirantes, portées par un rythme impossible, issues d'un cerveau fiévreux, d'un ailleurs depuis lequel j'avais perdu la conscience de moi-même. Rien de tout cela n'a pu exister, et pourtant... Terreur, terreur. Cinéma, cinéma. Nosferatu, eine Symphonie des Grauens.


(planches extraites de Renaissance, publié in Bikoz #5, octobre/novembre 1998)
par ÉLias_
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Kino





