Extrospection

Un titre générique pour caser et partager mes passions, mes créations. Cinéma, musica, dessin et bouquins sont de la partie. Bref, les bouts de cervelle qui animent le specimen ÉLias_

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Mercredi 1 novembre 2006
Senators in bondage, Pop in, 31 octobre 2006
Nous avons donc assuré hier soir la première partie des Love Bandits dans la cave aux éclairages rouge tripaille du Pop in. Merci à eux et merci aussi à celles et ceux qui ont fait le déplacement, votre présence nombreuse et chaleureuse m'a bien fait plaisir. Comme d'habitude, entre la perception du public et celle des musiciens il y a une certaine marge, ne serait-ce que le rendu sonore. De mon côté, j'estime que ma performance aura été à peine correcte mais un debriefing sévère nous attend.

N'hésitez pas à visiter régulièrement le "myspace" du groupe, il y aura certainement quelques nouveautés dans les jours à venir liés à la soirée d'hier (photos... videos ?). Et on planche déjà sur de futurs concerts. Come to see my brain, welcome to the show...

par ÉLias_ publié dans : Musica
Mercredi 18 octobre 2006
Ce serait un plaisir pour moi de vous croiser le 31 octobre prochain au Pop in, à l'occasion du prochain concert de Senators in bondage, un quartet de rock encore jeune dans lequel je joue de la batterie. Nous assurerons la première partie des Love Bandits.


On met régulièrement en ligne nos meilleurs enregistrements de répètes à cette adresse. Vos avis sont les bienvenus.
par ÉLias_ publié dans : Musica
Jeudi 12 octobre 2006
Deux nuits de live dans les oreilles et les jambes...

Mardi 10 octobre, Espace B, Paris XIX
- Enslune : un délicat récital voix-guitare, soutenu à l'occasion par de discrètes percussions. Des chansons sussurées, dont le caractère très intimiste s'accordait étonnamment avec l'ambiance de la salle, plongée dans une écoute respectueuse. On osait à peine briser le silence par nos applaudissements. Musicalement, on ne peut pas vraiment dire qu'il y a du génie, les accords sont souvent plan-plan mais c'est bien reposant.
- Staircase wisp : de retour sur scène après un petit break. Une performance comme toujours très enthousiaste, rendue simple et chaleureuse par les interventions décontractées de Mickael, chanteur-guitariste. Des compositions ambitieuses aux sonorités bien trafiquées qui, je trouve, s'apprécient quand même mieux dans leur version studio mais dont le lyrisme demeure très accrocheur.
- Fingerless : jeune trio dont l'énergie débordante s'est avérée plus que communicative. Le chant de Steph est vraiment bien maîtrisé, le jeu de scène est jubilatoire. Le style n'est pas particulièrement original mais pour peu qu'on demande un son qui donne envie de pogoter le contrat est largement rempli. J'en ai retenu surtout un titre, Dieu vous le rendra, son chant semi-parlé à la colère semi-rentrée.



Mercredi 11 octobre, Le Triptyque, Paris II
- Tu seras terriblement gentille : un trio de méchantes filles en noir, livrant un bon vieux rock garage à l'impitoyable rythmique binaire, crasseux comme il faut. Ça gueule en choeur, c'est plutôt bon dans le genre.
- Sheraff (was number one) : qui ont vraiment profité de l'excellence du son de la salle pour livrer un set plus généreux que jamais. Une vrai rock n'roll explosion où chaque musicien trouve l'occasion de se lâcher, dissimulant mal l'authentique virtuosité de certaines compositions.
- Rodeo massacre : là encore un son vraiment impressionnant, une maîtrise impeccable et un style tout ce qu'il y a de plus abouti (jusque dans le look authentiquement cowboy). Mention spéciale au monstre derrière la batterie et à son lancer de baguettes. Le genre de performance qui calme.


par ÉLias_ publié dans : Musica
Mercredi 6 septembre 2006

Soirée rock n'roll hier à l'OPA, collé à des corps suants et tous mes orifices pénétrés par la fumée.  Le public était un peu mou sauf moi. Contrairement à ce qu'indique le flyer ci-dessus, c'est Eldia et non pas Rodéo Massacre qui a ouvert les hostilités et ce fut une merveilleuse découverte. Ce quintet  délivre un rock mélodique, aventureux, épique sans tomber dans la froide sophistication, qui ne craint pas de faire chanter les guitares et qui a une remarquable façon de jouer sur la durée des morceaux. Longue vie à eux.

Quant à Sheraff, je ne les présente plus. Je leur avais déjà consacré une note à l'occasion d'un précédent concert, que vous trouverez par ici. Les p'tits gars du Tegzasse se sont montrés toujours aussi dépensiers en énergie. Pendant leur set, la salle était tellement bondée que c'est à peine si j'apercevais leur tête (heureusement le bassiste est grand).

par ÉLias_ publié dans : Musica
Samedi 8 juillet 2006
Devenue star du jour au lendemain avec son tout premier 45t, Tous les garçons et les filles, un classique instantané, Françoise Hardy construit depuis plus de 40 ans une oeuvre profondément personnelle et cohérente. Elle compose et écrit la plupart du temps elle-même, s'accompagnant à la guitare, et ceci joue sans doute pas mal dans le fait que ses chansons me touchent, parce qu'on y devine une voix et des pensées en parfait accord avec la sincérité de leur auteur.

La première décennie de sa carrière (1962-1973) est véritablement son âge d'or, même si elle-même estime aujourd'hui qu'elle avait encore énormément de progrès à faire musicalement. Le lyrisme et la délicatesse des arrangements frappent par leur évidence, souvent dépouillés mais sachant à l'occasion faire la part belle aux cordes et aux choeurs. Le travail sur les harmonies est particulièrement réussi. Hardy profitera d'ailleurs des orchestrations d'Ennio Morricone sur l'excellent Je changerai d'avis. Le résultat est d'autant plus impressionnant que ses chansons s'inscrivent dans la durée standard des 45t — soit rarement plus de 3 minutes — et apparaissent ainsi comme de véritables bijoux, d'autant plus fragiles et attachants (Des ronds dans l'eau). Elles se distinguent par leurs ambiances très mélancoliques (La Nuit est sur la ville), désabusées (Ma jeunesse fout le camp), et des paroles étonnamment matures. La pudeur qui s'y exprime se nourrit de l'enfance complexée d'une interprète qui n'imagine alors pas d'autre source d'inspiration qu'elle-même.


Elle fait ainsi preuve d'une véritable réflexion sur l'être, ses désirs et ses doutes (La Question). L'Amitié est d'une justesse et d'une poésie assez bouleversantes. Ses histoires d'amours tus tranchent pas mal avec la musique yéyé de l'époque, aux préoccupations assez inconséquentes (voir ce que chantaient Sheila ou Sylvie Vartan de leur côté). Et bien qu'elle en ait été l'égérie, elle apparaît assez loin du cirque de Salut Les Copains !, cessant toute prestation scénique à partir de 1968. Regard tourné vers l'Angleterre, look androgyne et mini-jupes, elle se tient à l'avant-garde de la scène française. Son compagnon d'alors, le photographe Jean-Marie Perier, contribue à façonner cette image de girl next door, loin de la star inaccessible, et dont les chansons peuvent parler à chacun de nous aujourd'hui encore.

La plupart du temps, c'est beau parce que c'est triste. Hardy a de toutes façons une prédisposition aux ballades et je suis hypersensible à la façon qu'elle a de communiquer certains sentiments, au premier rang desquels le sentiment amoureux bien sûr. À ce titre, Comme, Viens là, et surtout À quoi ça sert ? me détruisent à chaque écoute tant leurs mots résonnent en moi. Je résiste ici à l'envie de citer certaines de ses paroles, car c'est vraiment couplées à la musique et au chant, portées par une voix douce et confidente, qu'elles révèlent leur force. Elles disent avec grâce ce que nous ne pourrions exprimer que laborieusement, et en cela m'apparaissent comme le genre de chansons qui réconfortent. En l'occurrence, certains titres m'ont été d'un grand secours à une certaine période de ma vie.


Et puis l'humour n'est pas absent. Même quand les chansons sont tristes, les somptueux arrangements font que l'atmosphère n'est jamais lourde. Et si je m'en vais avant toi est ainsi d'une étonnante légèreté par rapport à son sujet. Les jeux de mots autour desquels est construit Point ne sont pas très éloignés de ceux de Gainsbourg sur le délicieux Comment te dire adieu. De même, Le Crabe (écrit par Roda Gil), aux orchestrations et chant particulièrement originaux, est rempli de malice.

En 1972, Françoise publie If you listen, un album sublime, composé de reprises (Buffy Ste-Marie) et de morceaux originaux entièrement chantés en anglais, offrant une lecture tout à fait personnelle de la chanson folk. Par la suite, le son change quelque peu, se modernise tout en restant foncièrement marqué de l'identité de son interprète. Michel Berger lui offre le mémorable Message personnel, avec son final déchaîné. Les arpèges de Jean-Jacques Vannier enrobent avec un incontestable talent L'Amour en privé, encore écrit par l'ami Serge. Les déchets néanmoins existent, et on passera sous silence toute la période Michel Jonasz/Gabriel Yared chez Flarenasch, qui ne trouve vraiment pas grâce à mes oreilles. Je saute directement aux années 90, en n'omettant pas au passage le très beau Partir quand même de 1988, cosigné avec Dutronc, déclaration d'amour paradoxale et touchante en ce qu'elle révèle ici encore d'intime (partir avant qu'il ne soit trop tard). La dame aux cheveux d'argent pousse la chansonnette avec Damon Albarn et les Blur en 95 sur le très joli La Comédie (to the end).


L'année suivante, elle s'associe à Alain Lubrano et Rodolphe Burger pour un album remarquable, Le Danger, au style rock suffisamment aventureux pour apporter une nouvelle image à l'artiste. Dix heures en été est une perle, qui sonne vraiment comme du Kat Onoma (groupe que Hardy adore). L'album suivant, Clair-obscur, contient un sympathique hommage à Mireille, qui a lancé la carrière de Françoise, avec la reprise de Puisque vous partez en voyage en duo avec Dutronc. Mais le sommet en est le somptueux Contre vents et marées, tout simplement une de ses plus belles chansons, magnifiquement écrite et composée, charriant une émotion impressionnante.

Son dernier album en date, Tant de belles choses (2004) est peut-être un de ses plus inspirés depuis sa première époque, avec un son particulièrement bien ciselé, des mélodies originales, surprenantes et agréables. Le morceau-titre, par sa mélodie, son texte et son ambiance pourrait clairement avoir été enregistré à la fin des 60's. Au générique on retrouve Lubrano mais également Benjamin Biolay, Ben Christophers et Jacno (superbe Un air de guitare), mais c'est surtout Perry Blake qui signe les deux plus beaux titres, Moments et So Many things, sur lesquels on reconnaît clairement sa patte. Le chant de Hardy vous colle des frisons sur le dénudé Sur quel volcan ? Un très grand disque, qui prouve à quel point son talent est toujours en éveil. Elle confirme ainsi qu'au-delà de la dimension nostalgique de ses premiers 45 tours, elle reste une interprète tout à fait contemporaine, sans jamais donner l'impression d'un pseudo-lifting ou d'une suiveuse de mode. De Daho à Aubert, on ne compte plus les chanteurs français qui lui vouent une sincère admiration. Quant à moi, j'ai un peu échoué à lui rendre hommage par le dessin mais j'espère que ce texte rend suffisamment compte de l'amour que je lui porte.




Pour ceux qui voudraient s'y intéresser sans savoir par où commencer, il existe une compilation long-box 3 CD, intitulée Message personnel, anthologie tout à fait représentative de sa carrière entre 1962 et 2000 (jusqu'à Clair-obscur).

par ÉLias_ publié dans : Musica
Dimanche 23 avril 2006

Sheraff en concert, Le Truskel, Paris, 20 avril 2006
Les familiers de La Classe américaine (aka Le Grand détournement) se rappellent à coup sûr de Sheraff — le groupe qu'était number one — et de ses produits dérivés tels que les pin's. Loin de sombrer dans la potacherie référentielle, le quatuor qui joue aujourd'hui sous ce nom propose un rock n'roll rageur et puissant, intégralement chanté en anglais. Morceaux carrés aux arrangements étonnamment travaillés compte tenu de leur volonté de revenir à un style plutôt primitif. Pour assurer ces audacieuses variations rythmiques, le batteur cogne dur, donnant ainsi la mesure de l'énergie délivrée par les autres musiciens. Leurs prestations scéniques sont à ce point pêchues qu'au final les chansons manquent peut-être un peu de diversité, seuls quelques refrains parvenant à s'imposer dans les esprits.
Il y a un peu plus d'un mois est sorti leur premier EP : First class est composé de quatre titres impeccablement produits, distribué dans quelques Keufna.


http://sheraff.com
par ÉLias_ publié dans : Musica
Samedi 4 mars 2006
Mercredi soir dernier, The Bad Plus au New Morning.


Du bonheur en barre. Le trio de Minneapolis nous a offert deux sets absolument jouissifs et dignes de leur réputation de groupe de scène. J'aime bien les musiciens qui jouent les yeux fermés (ce que j'ai également tendance à faire), livrés corps et âme à leur musique, et on peut dire qu'ici le plaisir de jouer se lisait sur leur visage, épanoui, lumineux. Derrière ses fûts, Dave King était clairement le roi de la soirée. Massive carrure d'ex-taulard, tatouages et piercing, sourire carnassier, il impose un style incroyablement puissant et inventif sans jamais devenir lourd, capable de passer d'une douceur presque inaudible à la pure rage, rythmant avec énergie les transes des spectateurs. Au piano, impeccablement cintré dans son costard, jeu précis et sans esbroufe, Ethan Iverson apparaissait comme la modestie incarnée, se levant après chaque morceau pour remercier un auditoire très enthousiaste. À la contrebasse, Reid Andersson assurait avec bonhomie et simplicité les relations publiques, s'exprimant tantôt en français, tantôt en anglais, voire en espagnol. Sa façon d'introduire certains morceaux était aussi amusante que sympathique. On apprenait ainsi que Original gentleman décrit l'ambiance d'une boutique de donuts après le passage d'Elvin Jones, ou que Rhinoceros is my profession se déroule dans une arène de corrida à l'instant où les portes s'ouvrent et dévoilent un rhinocéros géant. L'écoute de ces instrumentaux prend alors une dimension nouvelle.

Au milieu de leurs compositions jouées avec maestria et beauté, tirés surtout de Suspicious activity ? leur excellent dernier album, ils ont glissé quelques reprises très personnelles des Wings (Live and let die) et de Tears for fears (Everybody wants to rule the world) que je crois inédites et qui furent véritablement de grands moments. Il y a cinq ou six mois, j'ignorais tout de ce groupe. Il a suffit d'un titre entendu par hasard sur Fip pour que j'accroche instantanément. Et l'expérience de la scène a enfoncé le clou de ma ferveur.


par ÉLias_ publié dans : Musica
 
 
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